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Le cancer du sein touche une femme sur huit. Plus il est détecté tôt et traiter rapidement, plus les chances de guérisson sont grandes. Une prise en charge précoce, une bonne information et un suivi médical approprié permettent d’améliorer significativement le pronostic vital. Le cancer du sein est la tumeur maligne la plus fréquente chez la femme. Une femme sur huit sera, un jour, touchée par un cancer du sein. Dans 95 % des cas, il s'agit d'un adénocarcinome (type de cancer qui se développe à partir des cellules d’une glande). Certains facteurs de risque de cancer du sein sont connus. Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10.

Qu'est-ce que le cancer du sein ?

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent des cancers féminins. On observe 99 % de survie à 5 ans pour un cancer détecté à un stade précoce et seulement 26 % pour un cancer diagnostiqué à un stade tardif. Les cancers du sein les plus fréquents sont les adénocarcinomes (une cellule de la glande mammaire qui se transforme et se développe soudainement anarchiquement). Les cellules prolifèrent sans arrêt et peuvent migrer dans d’autres parties du corps, ce sont alors des métastases qui peuvent atteindre les os et les autres organes. 

On distingue deux types de cancer : le cancer du sein non infiltrant et le cancer du sein infiltrant (les cellules cancéreuses envahissent le tissu mammaire et peuvent s’étendre et affecter les tissus avoisinants).

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Plusieurs facteurs de risque jouent un rôle dans son développement : âge et le sexe, la durée d’exposition aux hormones, les facteurs familiaux, les prédispositions génétiques, les antécédents personnels, l’alcool et le tabac et une mauvaise hygiène de vie. Certains de ces facteurs peuvent être évités facilement alors que d'autres nécessitent une surveillance médicale plus avancée que la normale.

Quels sont les symptômes du cancer du sein ?

Plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison totale sont grandes. Il est donc important de surveiller attentivement sa poitrine et ses modifications et de procéder à des examens réguliers. Plusieurs symptômes peuvent évoquer un cancer du sein et nécessitent un avis médical.

Masse ou une boule dans un sein : très différente du reste du tissu mammaire, elle peut sembler fixée à la peau. La masse ne rétrécit pas ou ne disparaît pas et ne réapparaît pas au cours du cycle menstruel. Elle n’est généralement pas douloureuse.

Ganglions durs au niveau de l'aisselle : il peut arriver que les premiers symptômes de cancer du sein soient localisés dans une région axillaire. Vous pouvez constater une douleur à l’aisselle, une douleur irradiée au bras ou un gonflement du bras.

Changement de la taille ou forme du sein : la maladie peut provoquer une inflammation des cellules de l’épiderme qui se manifeste de différentes manières. Vous pouvez déceler une sécheresse cutanée et localisée, des démangeaisons, des rougeurs, des desquamations ou un épaississement de la peau.

Changements mamelonnaires / écoulement du mamelon : une modification du mamelon lorsque notamment le mamelon se rétracte vers l’intérieur, parfois jusqu’à s’inverser.

La présence de ces signes ne signifie pas automatiquement la présence d'un cancer. A l'inverse, il se peut parfois qu'il n'y ait aucun signe de cancer. Le seul moyen pour faire la différence entre un cancer du sein et une maladie bénigne, c’est de consulter un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme qui vous fera faire des analyses pour écarter tout risque de cancer du sein.

Les étapes de diagnostic du cancer du sein

Dès l'apparition de premiers symptômes indiquant un possible cancer du sein, un parcours de diagnostic est appliqué. De nombreuses étapes dans le diagnostic doivent être respectées. Les étapes du diagnostic peuvent être plus ou moins longues selon le nombre de symptômes et les douleurs ressenties par la patiente.

La mammographie

La détection d'une anomalie mammaire ou d'un cancer du sein peut intervenir dans le cadre d'une mammographie. Une mammographie est une radiographie des seins. Elle permet d’obtenir des images de l’intérieur du sein à l’aide de rayons X et de détecter ainsi d’éventuelles anomalies. Deux radiographies par sein sont réalisées, une de face et une en oblique, ce qui permet de comparer les deux côtés de chaque sein. Il existe 2 types de mammographie :

La mammographie de dépistage : la mammographie est l’examen de référence de dépistage du cancer du sein. Elle permet de mettre en évidence des cancers de petite taille, à un stade précoce, avant l’apparition de symptômes. Cet examen peut être réalisé dans le cadre du programme national de dépistage organisé du cancer du sein destiné aux femmes âgées de 50 à 74 ans ou à titre individuel, notamment lorsqu'une femme présente des facteurs de risque particuliers (antécédents personnels et familiaux notamment)

La mammographie de diagnostic : une mammographie est réalisée lorsqu’une patiente présente des symptômes pouvant faire évoquer un cancer du sein comme un écoulement du mamelon, une rougeur de la peau, une « boule » dans le sein, etc. Cette mammographie comporte une mammographie de base et des clichés complémentaires centrés sur les zones suspectes.

La mammographie peut être complétée par une échographie et/ou un prélèvement de l’anomalie. La suite du bilan sera coordonnée par le médecin traitant et/ou le gynécologue de la patiente.

Le bilan initial

Le bilan initial permet de déterminer au mieux le type de cancer, son étendue et le traitement éventuel. Lorsqu'une anomalie a été découverte, le médecin traitant et/ou gynécologue prescrit un bilan comprenant en général :

  • un entretien avec un médecin spécialisé en sénologie : la sénologie, appelée aussi mastologie, est l'étude de la structure, du fonctionnement et des maladies du sein,
  • une mammographie qui peut être accompagnée d'une échographie.
  • un examen anatomopathologique : il s'agit d'un prélèvement dans la zone de l'anomalie souvent réalisée grâce à une biopsie. C'est un acte médical qui consiste à prélever des fragments de tissus à l'aide d'une aiguille à travers la peau. Ils sont ensuite analysés au microscope.

Le bilan d'extension et la surveillance

Le bilan d'extension permet de détecter si des cellules cancéreuses qui ont pu migrer vers des parties du corps éloignées du sein malade (métastases). Ce bilan est réalisé que si les résultats laissent penser que des cellules ont pu migrer. Des examens complémentaires sont alors réalisés. Les examens seront des radiographies, des scintigraphies osseuses (examen d'imagerie nucléaire qui permet de rechercher des métastases osseuses), des scanners ou encore IRM.

Si l'anomalie détectée n'est pas un cancer du sein, une surveillance médicale peut être mise en place avec le médecin traitant. Une anomalie du sein n'est pas à prendre à la légère. Même si aucun corps n'est identique, une anomalie du sein n'est pas anodine et doit être prise en charge. Il est alors important d'installer une surveillance médicale, de suivre le parcours assidûment et de faire des contrôles réguliers.

L'annonce du cancer du sein

Si les examens confirment le diagnostic du cancer du sein, le dispositif d'annonce suit plusieurs étapes :

  • Une réunion de concertation pluridisciplinaire : les résultats des examens de diagnostic sont examinés par une équipe de professionnels médicaux,
  • Un programme personnalisé de soins est élaboré par l'équipe médicale pluridisciplinaire. Il indique les différentes étapes du traitement préconisé pour la patiente,
  • L'annonce du cancer du sein à la patiente : le suivi médical et le choix des traitements sont expliqués à la patiente.

Dès que le diagnostic de cancer du sein est posé, la patiente et ses proches doivent entamer les démarches administratives. Celles-ci sont liées à la prise en charge de la maladie et permettent de prendre connaissance de leurs droits.

Les traitements du cancer du sein

Il existe différents traitements permettant la prise en charge d’un cancer du sein. Ils peuvent être utilisés seuls ou en association et sont choisis selon les caractéristiques cliniques, biologiques et génétiques de chaque tumeur. Les différents traitements possibles du cancer du sein sont :

La chirurgie : il s'agit du traitement principal. Selon la configuration et le type de cancer, le chirurgien procédera à une ablation de la tumeur (tumorectomie) dite chirurgie mammaire conservatrice ou une ablation complète du sein (mastectomie totale) dite chirurgie mammaire non conservatrice. Lors de l'opération, un prélèvement sous l'aisselle axillaire est réalisé pour vérifier si les ganglions sont touchés et si un traitement complémentaire doit être mis en place.

La chimiothérapie : elle vise à éliminer les cellules cancéreuses en les détruisant directement ou en les empêchant de se multiplier. La chimiothérapie peut être appliquée avant ou après l'intervention chirurgicale. C'est un traitement médicamenteux administré par voie injectable en intraveineux et parfois par voie orale et qui utilise une ou plusieurs molécules antitumorales. Il y a 3 voies de traitement, par intraveineuse, oral ou intramusculaire. Par la voie intraveineuse, le traitement se fait via une chambre implantable qui nécessite une intervention chirurgicale pour la poser.

La radiothérapie : elle s'accompagne généralement de la chirurgie pour détruire les cellules cancéreuses qui auraient pu être oubliées lors de l'opération. La radiothérapie utilise des radiations à haute énergie pour détruire les cellules cancéreuses et empêcher leur développement.

Les autres traitements médicamenteux : pour certains cancers, une hormonothérapie ou une thérapie ciblée permettent de bloquer la stimulation des cellules cancéreuses. L’hormonothérapie est uniquement utilisée lorsque la tumeur est dite hormono-dépendante. Cela signifie que des récepteurs hormonaux ont été mis en évidence au niveau des cellules tumorales. L’hormonothérapie consiste alors à empêcher les cellules tumorales d’être stimulées par ces hormones. Elle est principalement utilisée en complément de la chirurgie.

Le traitement du cancer du sein dépendra du type de cancer décelé. Chaque traitement est différent pour chaque patiente. Il est important d'en discuter avec son équipe de professionnels médicaux. Ils seront à votre disposition pour vous expliquer en détail tous les soins et gestes médicaux nécessaires à votre guérison.

La reconstitution du sein

La reconstruction mammaire fait partie intégrante de la prise en charge du cancer du sein, en particulier après une chirurgie mammaire non-conservatrice. Elle peut intervenir pendant la chirurgie si cela le permet ou alors après. La reconstruction consiste en une série de prélèvements de peau et de muscle d'une partie du corps (cuisse, fesse, abdomen, grand dorsal) qui seront réinjectés à l'emplacement du thorax de la patiente.

Les prélèvements, espacés dans le temps, provoquent douleurs et ecchymoses. Une reconstruction mammaire nécessite le plus souvent deux ou trois interventions, avec un intervalle de 3 à 6 mois entre chacune d’entre elles. La première opération a pour but de reconstruire le volume du sein. La seconde opération consiste à harmonier les deux seins d'un point de vue esthétique. Elle n'est pas toujours nécessaire. La troisième opération (qui peut être regroupée avec la seconde) consiste à refaire la zone de l'aréole et du mamelon. Chaque cancer est spécifique et nécessite une reconstruction appropriée.

L'implant d'une prothèse mammaire peut également être envisagé dans certains cas, après une chirurgie reconstructrice. D'autres alternatives peuvent également être utilisées. L'utilisation de prothèses mammaires externes (auto-adhésives ou maintenues par un soutien-gorge), permet de recréer la forme naturelle du sein en attendant sa reconstruction ou alors être utilisée indéfiniment. Le tatouage corporel au niveau du sein permet également d'aide à se rapproprier son corps.

Les personnes malades peuvent avoir besoin de soins complémentaires à leurs traitements médicaux. Ce sont des soins supports. Ils ont pour objectif de répondre aux difficultés que la patiente rencontre que ce soit sur le plan physique (douleur, fatigue, perte de cheveux, ...) que sur le plan psychologique et social. La maladie ne s'arrête pas sur le plan physique. Il est important pour la patiente d'être suivi médicalement mais aussi socialement. La guérison sera totale par le suivi médical mais également par la bonne santé mentale.

Cet article a été écrit par

Inès

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